L’Arve
Né du Mont-Blanc
A la nuit des temps,
Le torrent descend de la montagne,
Traversant les vertes campagnes.
Au passage, il fait signe aux glaciers
Pour qu’ils viennent le gonfler !
Rapide comme une bohémienne,
Pourvu d’une force herculéenne,
Il se faufile entre les rochers
Plus facilement d’un kayak expérimenté.
Il joue, saute, tourbillonne, écume,
Les branches à sa surface sont des plumes.
Gorgé le long de sa route de sédiments
Il s’habille d’une couleur argent
Qu’au-dessus de lui le soleil,
D’un clin d’œil transformera en vermeil !
L’été, il découvre ses rives en chantant,
Pour faire des plages de jeux aux enfants !
Mais, que les glaciers fondent,
Ou que le tonnerre gronde !
Alors, il gémit, se remplit, il crie,
Il prend ses aises, comme en pays conquis !
Gare à celui qui se fait prendre,
Rien ne l’arrête, il veut descendre !
La ville, seule, s’est le calmer,
Montant des murs pour le canaliser !
Au bout du chemin, son grand frère l’attend,
Le Rhône, tout juste sorti du lac Léman,
Offre ses eaux transparentes et émeraudes
A l’Arve, comme à une amie en maraude.
Sous l’eau, une sirène un peu artiste,
Mêle les eaux pour un tableau d’aquarelliste.
L’Arve ce dimanche….
L’eau sur le piano de son lit,
Frappe les touches noires des roches
Faisant naître une symphonie
Berçant mon corps qui décroche !
Amarré, tel un bateau sur la rive,
Mon regard se perd dans un jeu,
D’animation, d’images naïves,
Feuilles tremblotantes et ciel bleu,
Que le vent magicien,
De son souffle magnétique,
Se joue comme un collégien,
Dans cet espace antalgique !
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